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Gérer les désistements et les absences dans un groupe récurrent

Dix personnes, une séance chaque semaine, et chacune vient dans 85 % des cas. Personne n'est en faute, tout le monde est de bonne volonté, et pourtant vous n'êtes au complet qu'une semaine sur cinq. Ce chiffre n'est pas une impression, c'est le résultat d'un calcul que cette page pose en entier.

Les autres guides mentionnent les absences en passant. Celui-ci les prend de face : le mécanisme qui vide mécaniquement un groupe récurrent, le nombre d'invitations à envoyer pour espérer un effectif donné, la question de savoir qui règle le siège vide, et les délais réellement appliqués par une fédération et des complexes sportifs belges, avec leur source datée.

Un groupe complet est un événement rare, et c'est arithmétique

Posez le calcul. Chaque personne décide dans son coin. Si la probabilité qu'une d'entre elles vienne vaut p, la probabilité que les dix viennent toutes vaut p élevé à la puissance dix.

À p égal à 0,85, cela donne 0,85 puissance 10, soit 0,197. Un groupe de dix personnes fiables à 85 % réunit ses dix personnes 19,7 % des semaines.

Le même groupe compte pourtant 8,5 présents en moyenne, ce qui est confortable. C'est là tout le malentendu : la moyenne est rassurante et c'est le plein qui est rare. Vous jugez votre groupe sur un événement qui, par construction, ne se produit presque jamais.

Chacun vient dansLes dix sont làSoit environ
95 % des cas59,9 %3 semaines sur 5
90 % des cas34,9 %1 semaine sur 3
85 % des cas19,7 %1 semaine sur 5
80 % des cas10,7 %1 semaine sur 9
75 % des cas5,6 %1 semaine sur 18

Lisez la deuxième colonne verticalement. Gagner cinq points de fiabilité individuelle, de 85 à 90 %, ne rapporte pas cinq points de séances complètes : cela multiplie par 1,8 le nombre de semaines pleines. C'est le seul endroit du problème où un petit effort produit un grand effet, et c'est pour cela que la partie humaine du travail passe avant toute règle de gestion.

L'autre variable est la taille, à fiabilité constante de 85 %.

Personnes attenduesProbabilité que tout le monde soit là
4 (un padel en double)52,2 %
637,7 %
827,2 %
1019,7 %
1214,2 %
1410,3 %
167,4 %
203,9 %

Plus votre groupe grandit, moins il est souvent complet, alors que chaque membre reste exactement aussi fiable. Un padel à quatre tient une fois sur deux, un foot à cinq une fois sur cinq, une sortie à vingt une fois sur vingt-six. Un organisateur qui passe d'un petit noyau à un grand groupe croit gagner en confort et perd en régularité.

Deux honnêtetés sur ce calcul, dans les deux sens.

Il suppose que les décisions sont indépendantes. Dans la vraie vie elles ne le sont pas : les congés scolaires, une période d'examens, un week-end prolongé ou la pluie sur un terrain extérieur font tomber plusieurs personnes ensemble. Cette corrélation ne change pas la moyenne, elle épaissit les extrêmes, et vous vous retrouverez certaines semaines à quatre. Les 19,7 % sont donc un plancher optimiste, pas un pire cas.

Et à moyenne égale, un groupe inégal est complet moins souvent qu'un groupe régulier. Six personnes à 97 % et quatre à 67 % donnent aussi une moyenne de 85 %, mais les dix ne sont ensemble que 16,8 % du temps. La moyenne cache la forme.

Mesurez votre propre taux avant d'appliquer quoi que ce soit

Sur vos dix dernières séances : la somme des présences divisée par le nombre d'inscrits multiplié par dix. Vous obtenez le taux du groupe. Refaites l'opération personne par personne, et vous obtenez la seule information qui compte.

Ce que ce relevé révèle presque toujours, c'est que le groupe n'existe pas comme un bloc. Il y a un noyau au-dessus de 90 % et une périphérie autour de 60 %. Ce ne sont pas des gens peu fiables, ce sont des gens mal classés : ils n'ont jamais vraiment dit oui, ou le créneau ne leur convient qu'un jeudi sur trois. Sortez-les du compte principal et placez-les sur le banc, au sens décrit plus bas. Cette seule reclassification remonte le taux effectif du noyau plus sûrement que n'importe quelle règle.

Le désistement annoncé et le silencieux ne se soignent pas pareil

On les met dans le même sac et c'est l'erreur de départ. Ce sont deux objets différents.

Le désistement annoncé est une information qui arrive en retard. Sa valeur décroît avec le délai : à sept jours vous réinvitez quelqu'un, à un jour vous ne pouvez plus qu'annuler la séance, à une heure c'est une politesse.

Le désistement silencieux est l'absence d'information. Vous avez compté sur quelqu'un qui ne viendra pas, et vous l'apprendrez sur place. Il est strictement pire qu'une annulation tardive, parce qu'il fausse aussi le compte de tous les autres : les équipes sont faites, la note est divisée, la réservation est dimensionnée.

Les deux appellent donc des remèdes opposés. Pour l'annoncé, le canal doit être gratuit et instantané : un désistement qu'il faut justifier arrive tard, ou n'arrive pas. Pour le silencieux, la conséquence doit porter sur la place, pas sur le portefeuille.

C'est exactement ce que font les règlements belges, et ils convergent tous les quatre.

Le point commun des quatre n'est pas le montant, c'est la place : tous organisent la reprise du créneau ou la restriction d'accès, et aucun ne facture au récidiviste davantage que le prix normal de la séance. Chez Aalst Sport, l'annulation d'office coûte même moins cher que l'absence pure et simple. Vous ne pouvez pas mettre vos amis à l'amende, mais vous pouvez cesser de compter sur eux, et c'est précisément la sanction que des professionnels ont retenue quand ils avaient pourtant le droit de facturer.

Combien inviter pour espérer un effectif donné

La règle naïve consiste à diviser la cible par le taux : dix divisé par 0,85 donne 11,8, arrondi à 12. Ce calcul est juste, mais il centre la moyenne sur votre cible, ce qui n'est pas du tout la même chose que l'atteindre.

Voici, pour une cible de dix présents et un taux individuel de 85 %, ce que produit chaque nombre d'invitations.

InvitésPrésents en moyenneAu moins 10 présents11 présents ou plus
108,519,7 %0 %
119,449,2 %16,7 %
1210,273,6 %44,3 %
1311,188,2 %69,2 %
1411,995,3 %85,3 %

La troisième colonne donne la règle utilisable : la cible divisée par votre taux, arrondie au-dessus, plus un. Douze invitations vous mettent au complet trois semaines sur quatre, treize huit semaines sur neuf, quatorze dix-neuf sur vingt. Chaque invitation supplémentaire achète de moins en moins de certitude, ce qui explique qu'il n'existe pas de nombre magique au-delà de la cible plus deux.

Là où la sur-réservation devient un piège

Lisez maintenant la dernière colonne, celle que personne ne regarde. À treize invitations, vous vous retrouvez à onze présents ou plus dans 69 % des cas. Sur un terrain de foot à 5, ce sont sept semaines sur dix où quelqu'un qui avait dit oui est renvoyé.

Et aucun réglage ne supprime les deux risques en même temps. Onze invitations, c'est seulement 17 % de trop-plein mais 49 % de séances complètes. Douze, c'est 74 % de séances complètes mais 44 % de trop-plein. La sur-réservation ne répare pas un effectif plafonné, elle échange un problème de manque contre un problème d'éviction. Le second coûte plus cher que le premier : un régulier qu'on renvoie une fois cesse de répondre, donc votre taux baisse, donc il faut sur-réserver davantage.

La règle se scinde donc selon la nature de votre capacité, et c'est cette distinction qui manque à la plupart des conseils sur le sujet.

Type de capacitéExemplesCe qui fonctionne
Élastiquetable de restaurant qu'on rallonge, sortie à pied, visite, entrées achetées le jour mêmeSur-réservez : la cible divisée par votre taux, plus un
Plafonnéeterrain de foot à 5, piste de padel, minibus, table réservée pour un nombre fermeN'invitez que la cible, et tenez un banc nominatif

Qui règle la place vide : trois politiques et leurs effets

Choisissez avant la première séance, écrivez-la, et n'en changez pas en cours de saison.

PolitiqueCe qui est écritCe qu'elle produitLà où elle casse
A. Remboursé quel que soit le momentQui se décommande récupère sa partAucune friction à l'inscription, la liste se remplit vitePlus aucune raison de prévenir tôt, et le trou glisse sur ceux qui viennent
B. Remboursé si la place est repriseVous récupérez votre part le jour où quelqu'un occupe votre placeL'absent devient son propre recruteur, le siège se comble sans l'organisateurInjouable si le banc est vide : vous promettez ce que vous ne contrôlez pas
C. Part due après l'heure de clôturePassé la clôture, la part est acquise, présent ou nonBudget verrouillé, prix identique d'une semaine à l'autreUne seule exception accordée et il ne reste plus rien de la règle

La politique B est celle que les exploitants belges appliquent sans jamais la nommer. Mix Bruxelles offre la place libérée aux membres inscrits sur sa liste d'attente. La Ville de Bruxelles réattribue le créneau au bout d'un quart d'heure de retard. Au TC Heusden, à Heusden-Zolder, le règlement padel consulté le 17 août 2026 prévoit que d'autres joueurs peuvent occuper un terrain réservé après quinze minutes d'attente si personne ne s'est présenté. Aucun de ces trois textes ne promet le moindre remboursement, et la Ville de Bruxelles précise même que la réattribution se fait « sans possibilité de remboursement ». Tous les trois remplissent.

C'est le point que les trois politiques éclairent : le problème n'est pas l'argent, c'est le siège vide. Un remboursement ne met personne de plus sur le terrain. B est la seule des trois qui produise un présent supplémentaire, et c'est la raison pour laquelle elle mérite d'être votre défaut.

Un mot sur la politique C, parce qu'elle est celle que les guides recommandent le plus vite et que la réalité est plus rugueuse. Une étude menée par Lightspeed et Zenchef auprès de 250 entrepreneurs de l'horeca en Belgique, rapportée par La DH le 9 juillet 2025 et par La Libre le 15 juillet 2025, donne la mesure : 90 % des restaurateurs belges ne réclament toujours pas d'acompte, 53 % craignent que cette exigence freine les réservations, pour un restaurateur sur cinq c'est une question de principe puisqu'on ne paie pas avant d'avoir consommé, et 34 % y voient pourtant le seul moyen de s'assurer du sérieux d'une réservation. Des gens dont c'est le chiffre d'affaires n'osent pas. Vous, qui organisez pour des amis, avez une main nettement plus faible, et une règle C improvisée après un désistement vous coûtera plus que le désistement.

Deux conditions la rendent tenable. Elle s'écrit avant la première séance, avec une heure exacte plutôt qu'une formule vague. Et elle se combine avec B : C toute seule est un impôt, puisque vous encaissez la part de l'absent et que le terrain reste à sept.

La liste d'attente, et les cinq choses qui la font marcher

Un banc, ce n'est pas « préviens-moi s'il y a de la place ». Cinq propriétés séparent un dispositif qui fonctionne d'un vœu pieux.

  1. Nominatif et ordonné. Deux conceptions se défendent : la diffusion à tout le banc avec attribution au premier qui répond, celle que retient Mix Bruxelles, ou l'ordre strict avec passage au suivant. La première remplit plus vite, la seconde ne fâche personne. Tranchez, et annoncez laquelle des deux vous appliquez.
  2. Avec une péremption. Une place offerte sans échéance bloque le siège aussi sûrement qu'une absence. Donnez un délai court, deux heures par exemple, après quoi elle file au suivant.
  3. Alimenté avant d'en avoir besoin. Le banc se constitue au moment des inscriptions, pas le jeudi à 18 h. Un banc vide à l'instant du désistement n'a jamais existé.
  4. Promu sans intervention humaine. Faites le compte : à dix inscrits fiables à 85 %, vous encaissez au moins un désistement dans 80,3 % des semaines, pour une moyenne de 1,5 par séance. Personne ne repère un changement, n'ouvre la discussion, ne choisit et n'écrit quatre semaines sur cinq à 22 h. Une promotion qui dépend de la vigilance de l'organisateur n'a pas lieu.
  5. Fermé au bon moment. En dessous d'un certain délai, un remplaçant n'a matériellement plus le temps d'arriver. Ce délai vous appartient, il dépend de la distance et du sport, et il n'a aucune raison de valoir vingt-quatre heures.

Le délai d'annulation est la durée de votre boucle de remplissage

Les délais relevés en Belgique s'étalent sur un facteur soixante-quatre, de trois heures à huit jours.

Source belgeDélai retenuCe qui se passe en deçà
Mix Bruxelles, règlement d'ordre intérieur consulté le 17 août 20263 heuresL'annulation est comptée comme un « late cancel », et trois « no shows » ou « late cancels » en trente jours bloquent les réservations du membre pendant quinze jours
Aalst Sport, article 27, version du 01/07/2025, padel et tennis24 heures100 % de la redevance est due, contre 0 % au-delà de ce délai
Estaim Padel Club, à Estaimpuis, règlement consulté le 17 août 202648 heures« Une annulation qui n'est pas faite 48 heures à l'avance entraîne le paiement du prix (sauf en cas de pluie pour le terrain extérieur) »
Aalst Sport, article 27, réservations ponctuelles hors padel et tennis96 heures, soit 4 jours100 % de la redevance, exactement le même montant que si rien n'avait été annulé du tout
URBSFA, règlement fédéral, Livre B Titre 7, article B7.28, consulté le 17 août 20268 joursUn forfait déclaré à plus de huit jours peut être retiré dans les vingt-quatre heures qui suivent sa déclaration ; à huit jours ou moins, il ne peut plus l'être

Ces délais ne sont pas des jugements moraux sur le préavis correct. Chacun mesure le temps qu'il faut à l'exploitant pour remplir la place à nouveau. Une salle de sport recase un cours en trois heures parce que sa liste d'attente est déjà constituée avant l'incident. Une piste de padel demande vingt-quatre à quarante-huit heures parce qu'il faut réunir quatre joueurs disponibles au même créneau. Un match de championnat ne se remplit pas du tout, alors la fédération ferme la porte à huit jours et ne laisse plus, en deçà, qu'une amende et une indemnité.

Votre délai se mesure de la même façon : combien de temps vous faut-il, en pratique et non en théorie, pour combler une place libérée ? C'est cela, votre heure de clôture. Pas vingt-quatre heures parce que le chiffre sonne raisonnable.

L'exception doit être arbitrable par un tiers

Le règlement d'Aalst Sport exonère de tout paiement l'annulation d'un terrain extérieur par temps de tempête ou de pluie, et le texte précise que la table météo de l'IRM peut être consultée pour déterminer si l'exonération s'applique.

Le principe est transposable tel quel : une exception ne vaut que si elle se tranche en dehors de la conversation. La pluie mesurée par un institut météo est vérifiable, « je ne me sentais pas bien » ne l'est pas. Ce n'est pas une question de confiance, c'est une question de charge : dès qu'un critère se discute, chaque semaine devient une négociation, et c'est cette négociation, pas l'absence, qui épuise les organisateurs.

Le barème qui punit le retard plutôt que l'absence

Le règlement fédéral de l'URBSFA fait, dans son Livre B Titre 7 consulté le 17 août 2026, une chose que peu de groupes amateurs osent : il facture la même absence à deux prix selon le préavis donné. Quand le forfait vient du club visiteur, l'indemnité due au club lésé s'élève à 6,25 EUR en réserves provinciales et chez les U18 à U21, et à 2,50 EUR chez les U6 à U17, avec cette mention à l'article B7.36 : « Ces montants sont doublés si le forfait n'est pas déclaré au moins huit jours avant le match. »

Pour situer les ordres de grandeur du même article, un forfait sur un match déterminé entraîne une amende administrative de 10,00 EUR à charge du club défaillant. L'indemnité au club lésé, elle, dépend de la catégorie : le même barème passe à 50,00 EUR en football récréatif et en minifoot, et jusqu'à 400,00 EUR en première division provinciale, pour les clubs visiteurs qui ne paient pas de redevance fédérale forfaitaire.

Le préavis lui-même est réglé au plus près du coup d'envoi. L'article B7.29 permet de déclarer un forfait partiel jusqu'à six heures avant le match pour les équipes premières des divisions provinciales de l'aile francophone, que le règlement désigne par le sigle FFA, et trois heures en jeunes et en réserves des championnats provinciaux, tandis que du côté de Voetbal Vlaanderen un forfait se notifie jusqu'à quatre heures avant le coup d'envoi.

Reste ce qui est en jeu, et le règlement est brutalement clair. L'article B7.37 range le « nombre insuffisant de joueurs » parmi les situations assimilées à un forfait, au même rang que l'absence à l'heure réglementaire. L'article B7.38 laisse à l'arbitre la faculté d'attendre dix minutes avant d'acter cette absence. Et l'article B7.34 attribue à l'adversaire trois points et cinq buts. Dans le football belge organisé, ne pas être assez nombreux et ne pas venir du tout sont la même chose.

La transposition amateur tient en une phrase : il vous faut deux délais, pas un. Une heure de clôture, qui verrouille le nombre et déclenche la règle de paiement. Et un préavis conseillé, plus tôt, sans aucune conséquence financière, qui existe uniquement pour laisser au banc le temps de jouer. Confondre les deux est ce qui rend une règle illisible : on croit demander un préavis et on facture une pénalité.

Les six lignes à écrire avant la première séance

Elles tiennent dans un message épinglé, elles ne coûtent rien, et elles suppriment la totalité des arbitrages au cas par cas, qui sont le vrai coût du désistement.

  1. L'effectif visé, et le minimum en dessous duquel la séance saute.
  2. Le nombre d'invitations, calculé sur votre taux mesuré et non sur celui que vous espérez.
  3. L'heure de clôture, exprimée en heures avant le début.
  4. Ce qui est dû après cette heure, et à quelle condition précise c'est remboursé.
  5. Comment on rejoint le banc, et combien de temps une place libérée y reste offerte.
  6. Ce qui se passe après trois absences sans prévenir : non pas une exclusion, mais un passage du noyau vers le banc.

Le sixième point est celui qui fait peur et c'est le moins violent des six. Il ne chasse personne : il arrête simplement de compter dans l'effectif quelqu'un qui, dans les faits, n'y était plus. C'est aussi celui qui redresse votre taux, donc le nombre de semaines où vous êtes au complet.

Questions fréquentes

Pourquoi mon groupe n'est-il presque jamais au complet ?

Parce que les probabilités se multiplient. Si chaque personne vient dans 85 % des cas, dix personnes sont toutes présentes 0,85 puissance 10 du temps, soit 19,7 % des séances, une sur cinq. Le même groupe compte pourtant 8,5 présents en moyenne : la moyenne est bonne et c'est le plein qui est rare. Le phénomène s'aggrave avec la taille, puisqu'à fiabilité identique un groupe de vingt n'est au complet que 3,9 % du temps.

Combien de personnes faut-il inviter pour en avoir dix ?

Divisez votre cible par votre taux de présence mesuré, arrondissez au-dessus, puis ajoutez un. À 85 %, dix divisé par 0,85 fait 11,8, donc treize invitations, ce qui vous met au complet 88,2 % des semaines contre 73,6 % avec douze et 49,2 % avec onze. Une quatorzième invitation monte à 95,3 %, une quinzième n'apporte presque plus rien.

La sur-réservation fonctionne-t-elle sur un terrain de foot à 5 ?

Non, et c'est le calcul qui le dit. Avec treize invitations pour dix places, vous avez onze présents ou plus dans 69 % des cas, donc sept semaines sur dix vous renvoyez quelqu'un qui avait confirmé. Sur une capacité plafonnée, invitez exactement votre cible et tenez une liste d'attente nominative. Gardez la sur-réservation pour les capacités élastiques, comme une table qu'on rallonge ou une sortie à pied.

Faut-il faire payer une personne qui a prévenu à temps ?

Non, si elle a prévenu avant votre heure de clôture, puisque c'est précisément ce que cette heure signifie. La politique la plus saine consiste à rembourser dès que la place est reprise par quelqu'un d'autre, ce qui pousse l'absent à trouver lui-même son remplaçant et comble le siège sans travail pour vous. C'est d'ailleurs ce que font plusieurs exploitants belges : ils ne remboursent pas, ils réattribuent.

Quel délai d'annulation choisir ?

Le temps qu'il vous faut réellement pour combler une place, mesuré et non estimé. Les délais relevés en Belgique en août 2026 vont de 3 heures dans une salle de sport bruxelloise à 24 heures pour le padel et le tennis chez Aalst Sport, 48 heures à l'Estaim Padel Club, 96 heures pour les salles et terrains chez Aalst Sport, et 8 jours pour retirer un forfait dans le règlement fédéral de l'URBSFA. Chacun correspond à la durée de remplissage de l'installation concernée, pas à une idée du préavis poli.

Que faire de celui qui ne prévient jamais ?

Le sortir du compte, pas du groupe. Les quatre exploitants belges relevés font tous la même chose face à la récidive : Aalst Sport peut annuler d'office les heures réservées, Gembloux Omnisport remet les plages horaires en disponibilité, la Ville de Bruxelles réattribue le créneau après quinze minutes de retard, et Mix Bruxelles bloque les réservations pendant quinze jours après trois incidents en trente jours. La sanction porte chaque fois sur la place, jamais sur un tarif majoré. Dans un groupe d'amis, la version applicable consiste à basculer la personne du noyau vers la liste d'attente.

Un acompte fait-il vraiment venir les gens ?

Il fiabilise la liste, il ne remplit pas le terrain, et il se paie en friction. L'étude Lightspeed et Zenchef menée auprès de 250 entrepreneurs de l'horeca en Belgique, rapportée par La DH le 9 juillet 2025 et par La Libre le 15 juillet 2025, situe bien le rapport de force : 90 % des restaurateurs belges ne réclament toujours pas d'acompte et 53 % craignent que cette exigence freine les réservations, quand 34 % y voient malgré tout le seul moyen de s'assurer du sérieux d'une réservation. Si des gens dont c'est le métier hésitent à ce point, une règle de paiement annoncée après coup dans un groupe d'amis n'a aucune chance de tenir. Posez-la avant la première séance, ou renoncez-y.

Comment tenir une liste d'attente qui fonctionne vraiment ?

Elle doit être nominative et ordonnée, constituée au moment des inscriptions et non le jour même, chaque place offerte doit expirer au bout d'un délai court, et la promotion doit se faire sans que vous ayez à y penser. Ce dernier point est décisif : avec dix inscrits fiables à 85 %, vous subissez au moins un désistement dans 80,3 % des semaines, pour une moyenne de 1,5 par séance. Personne ne tient à la main un dispositif qui se déclenche quatre semaines sur cinq à 22 h.

Vaut-il mieux un grand groupe ou un petit noyau régulier ?

Un noyau régulier, parce que la régularité se compose alors que le nombre se dilue. Six personnes à 97 % sont ensemble 83,3 % du temps. Six à 97 % plus quatre à 67 % donnent la même moyenne de 85 % pour l'ensemble, mais les dix ne sont réunies que 16,8 % du temps. Construisez le noyau d'abord, et traitez la périphérie comme un banc de remplaçants plutôt que comme des membres.

Combien de désistements faut-il prévoir par séance ?

Multipliez votre effectif par le complément de votre taux. À dix inscrits et 85 % de présence, cela donne 1,5 désistement par séance en moyenne, et au moins un dans 80,3 % des cas. Ce sont ces deux nombres qui dimensionnent votre banc : il doit compter au minimum deux personnes joignables pour absorber une semaine ordinaire.

Le travail qui reste une fois la règle écrite

Tout ce qui précède est libre d'usage. Le calcul, la règle de sur-réservation, les six lignes et le barème à deux délais fonctionnent dans un tableur et dans un message épinglé, et beaucoup de groupes n'ont besoin de rien d'autre.

Il reste pourtant une pièce que ni le tableur ni le message ne fournissent : la promotion automatique. C'est le point 4 de la liste d'attente, et c'est celui qui tombe toujours, parce qu'il se déclenche quatre semaines sur cinq au pire moment de la soirée. C'est aussi le seul endroit où SquadUp a quelque chose à apporter ici. Vous fixez un effectif maximum et vous activez les réservistes : quand une place se libère, la première personne du banc y passe automatiquement, dans l'ordre où elle s'y est inscrite. Sur une sortie payante, elle dispose de deux heures pour régler sa part avant que la place reparte au suivant, ce qui est exactement la péremption décrite plus haut. Et les remplaçants extérieurs répondent depuis un lien, sans rien avoir à installer ni à ouvrir comme compte, ce qui pèse lourd quand votre banc est fait de gens qui viennent une fois par mois.

Le tarif, à contrôler avant tout engagement : la commission vaut 13 % de ce qui transite, avec un plancher de 0,35 €, et la TVA belge à 21 % s'applique par-dessus elle seule. Le surcoût pour le participant tourne autour de 15,7 % : là où vous annoncez 10,00 €, il lui en est demandé 11,57 €. Si votre groupe ne fait circuler aucun argent, la partie présences et réservistes ne vous coûte rien du tout.

Soyons clairs sur le cas où c'est inutile. Un groupe stable de huit personnes qui viennent toujours n'a aucun désistement à promouvoir, donc rien à automatiser. L'outil sert quand le banc tourne, que les remplaçants ne sont pas tous dans la même discussion, et que la place libérée à 21 h doit être reprise avant 22 h.

Le téléchargement ne coûte rien, sur iOS comme sur Android.

Chiffres vérifiés le 17 août 2026, prochaine vérification avant le 17 février 2027.

Abdel Bouzbiba · Fondateur de SquadUp, une app belge pour organiser des sorties de groupe. J'organise moi-même un foot récurrent chaque semaine.

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